
Seul dans son coin perdu, il retient ses larmes.
Avant de lâcher une première larme de son œil,
Ce dernier ressemble à une source qui ne peut retenir la pluie déjà filtrée par le long travail de la terre d’argile.
Comme déborde un vase qui ne peut recevoir plus d’eau.
De ce même œil déborde le ruissèlement de ses larmes d’un gout salé.
Jusqu’à prendre forme d’une rivière tout le long de son visage.
De son deuxième œil glissent de chaudes larmes.
Comme l’embouchure d’une rivière finit son voyage dans un fleuve agité.
Termine son voyage à terre pour former côte de l’océan.
Cette fois, c’est à petits pas qu’il avance dans l’océan.
Se libère de ses vêtements déjà mouillés.
Avance, tout en se méfiant, jusqu'aux chevilles.
Se laisse prendre en confiance par les vagues.
L’océan monte à ses genoux.
Cette fois, c’est la marée qui s’en mêle, se paye l’eau jusqu'à la taille.
Quand les vagues et la marée s’associent, il garde juste pied.
Ciel et mer se confondent loin dans l’horizon, forment un chemin lumineux.
Se laisse tromper par les ténèbres des profondeurs océaniques.
Pris par le froid de l’océan, prend conscience de son existence et se débat pour la vie.
Comme un enfant au sein de sa mère se replie sur lui-même.
Espérant désespérément à une renaissance.
C’est une petite sirène qui vient à son secours, le ramène sans dire mot sur une ile déserte.
Réchauffe son cœur, avant de revenir à lui et retrouve goût à la vie.
Comme seul remerciement, un doux baisé sur la bouche.
La pauvre petite sirène retrouve sa voix, en même temps que son apparence normale.
Ses vêtements, il ne les a jamais retrouvés, elle ne n’en a jamais eu.
Ce qui ne les empêche de vivre heureux et d’avoir beaucoup d’enfants.
OVERIJSE, le vendredi 11 juillet 08
Thierry MAFFEI.