
Tu passes ta journée à tout dévorer sur ton passage.
Même entre vous, vous vous bouffez.
Sans arrêt, tu changes de costume à force de grossir.
Plus de choux dans mon potager.
Plus de feuillages au sommet de mon peuplier.
L’envie de t’écraser existe en moi, vilaine petite bête.
Accroche-toi à ta branche, avant d’attraper une indigestion.
Je ris en pensant à ceux qui tisseront ma future cravate.
Te voilà chrysalide, prisonnière de toi-même.
Sans mot dire, tu te fais une nouvelle toilette.
Comme un regret en toi, tu sors de ton purgatoire, grandi et plus léger.
Papillon, blanc, papillon jaune, tu voles de fleur en fleur, sans faire le moindre bruit.
Admire avec joie, tout ce qui reste de ta vie précédente.
J’aurai aimé voir tes cousins de l’amazone et des tropiques.
Jamais plus je ne verrai la femme de la même manière tissée de ton fil.
Tout l’été tu flânes de fleur en fleur, sèmes la joie à tous les passants.
Comme seule nourriture, le soleil te tient en vie.
Pauvre papillon, longtemps tu ne voleras.
Déjà une autre chenille se chrysalide.
De manière inaperçue, elle prendra ta place enjolivant nos étés.
Le soleil se fait plus bas, rendant tes forces plus basses.
Sur le blanc de ma maison, tu te réfugies, pour attendre des jours meilleurs.
Pauvre papillon tu ne seras plus là.
J’attends avec impatience une saison nouvelle pour te voir flâner dans mon jardin fleuri.
Laisse-moi un peu de mes choux et le vert de mes peupliers.
Il me reste du bois mort et assez de mauvaises herbes pour te nourrir.
À deux nous en profiterons d’autant plus.
OVERIJSE, le vendredi 18 juin 2009.
Thierry MAFFEI.