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Poésie et Poèmes
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Lire des poèmes, textes de chansons, citations ou autres écrits poétiques de grands auteurs, poètes, écrivains, chanteurs ou artistes connus.
| Poèmes et textes de Grands auteurs : A des oiseaux envolés |
| Posté par najia le 1/12/2007 21:32:41 (22 lectures) |
 Belle perte, en effet ! beau sujet de colère ! Une strophe, mal née au doux bruit de vos jeux, Qui remuait les mots d'un vol trop orageux ! Une ode qui chargeait d'une rime gonflée Sa stance paresseuse en marchant essoufflée ! De lourds alexandrins l'un sur l'autre enjambant Comme des écoliers qui sortent de leur banc ! Un autre eût dit : - Merci ! Vous ôtez une proie Au feuilleton méchant qui bondissait de joie Et d'avance poussait des rires infernaux Dans l'antre qu'il se creuse au bas des grands journaux. - Moi, je vous ai grondés. Tort grave et ridicule
Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les voix intérieures)
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| Poèmes et textes de Grands auteurs : A des oiseaux envolés |
| Posté par najia le 1/12/2007 21:30:43 (25 lectures) |
 Enfants ! - Oh ! revenez ! Tout à l'heure, imprudent, Je vous ai de ma chambre exilés en grondant, Rauque et tout hérissé de paroles moroses. Et qu'aviez-vous donc fait, bandits aux lèvres roses ? Quel crime ? quel exploit ? quel forfait insensé ? Quel vase du Japon en mille éclats brisé ? Quel vieux portrait crevé ? Quel beau missel gothique Enrichi par vos mains d'un dessin fantastique ? Non, rien de tout cela. Vous aviez seulement, Ce matin, restés seuls dans ma chambre un moment, Pris, parmi ces papiers que mon esprit colore, Quelques vers, groupe informe, embryons près d'éclore, Puis vous les aviez mis, prompts à vous accorder, Dans le feu, pour jouer, pour voir, pour regarder Dans une cendre noire errer des étincelles, Comme brillent sur l'eau de nocturnes nacelles, Ou comme, de fenêtre en fenêtre, on peut voir Des lumières courir dans les maisons le soir.
Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les voix intérieures)
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| Poèmes et textes de Grands auteurs : A des âmes envolées |
| Posté par najia le 1/12/2007 21:29:28 (29 lectures) |
 Ces âmes que tu rappelles, Mon coeur, ne reviennent pas. Pourquoi donc s'obstinent-elles, Hélas ! à rester là-bas ?
Dans les sphères éclatantes, Dans l'azur et les rayons, Sont-elles donc plus contentes Qu'avec nous qui les aimions ?
Nous avions sous les tonnelles Une maison près Saint-Leu. Comme les fleurs étaient belles ! Comme le ciel était bleu !
Parmi les feuilles tombées, Nous courions au bois vermeil ; Nous cherchions des scarabées Sur les vieux murs au soleil ;
On riait de ce bon rire Qu'Éden jadis entendit, Ayant toujours à se dire Ce qu'on s'était déjà dit ;
Je contais la Mère l'Oie ; On était heureux, Dieu sait ! On poussait des cris de joie Pour un oiseau qui passait.
Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : L'art d'être grand-père) |
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| Poèmes et textes de Grands auteurs : A celle qui est restée en France |
| Posté par najia le 1/12/2007 21:27:58 (34 lectures) |
 I
Mets-toi sur ton séant, lève tes yeux, dérange Ce drap glacé qui fait des plis sur ton front d'ange, Ouvre tes mains, et prends ce livre : il est à toi.
Ce livre où vit mon âme, espoir, deuil, rêve, effroi, Ce livre qui contient le spectre de ma vie, Mes angoisses, mon aube, hélas ! de pleurs suivie, L'ombre et son ouragan, la rose et son pistil, Ce livre azuré, triste, orageux, d'où sort-il ? D'où sort le blême éclair qui déchire la brume ? Depuis quatre ans, j'habite un tourbillon d'écume ; Ce livre en a jailli. Dieu dictait, j'écrivais ; Car je suis paille au vent. Va ! dit l'esprit. Je vais. Et, quand j'eus terminé ces pages, quand ce livre Se mit à palpiter, à respirer, à vivre, Une église des champs, que le lierre verdit, Dont la tour sonne l'heure à mon néant, m'a dit : Ton cantique est fini ; donne-le-moi, poëte. - Je le réclame, a dit la forêt inquiète ; Et le doux pré fleuri m'a dit : - Donne-le-moi. La mer, en le voyant frémir, m'a dit : - Pourquoi Ne pas me le jeter, puisque c'est une voile ! - C'est à moi qu'appartient cet hymne, a dit l'étoile. - Donne-le-nous, songeur, ont crié les grands vents. Et les oiseaux m'ont dit : - Vas-tu pas aux vivants Offrir ce livre, éclos si loin de leurs querelles ? Laisse-nous l'emporter dans nos nids sur nos ailes ! - Mais le vent n'aura point mon livre, ô cieux profonds ! Ni la sauvage mer, livrée aux noirs typhons, Ouvrant et refermant ses flots, âpres embûches ; Ni la verte forêt qu'emplit un bruit de ruches ; Ni l'église où le temps fait tourner son compas ; Le pré ne l'aura pas, l'astre ne l'aura pas, L'oiseau ne l'aura pas, qu'il soit aigle ou colombe, Les nids ne l'auront pas ; je le donne à la tombe.
Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les contemplations) |
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| Poèmes et textes de Grands auteurs : A André Chénier |
| Posté par najia le 1/12/2007 21:26:13 (25 lectures) |
 Oui, mon vers croit pouvoir, sans se mésallier, Prendre à la prose un peu de son air familier. André, c'est vrai, je ris quelquefois sur la lyre. Voici pourquoi. Tout jeune encor, tâchant de lire Dans le livre effrayant des forêts et des eaux, J'habitais un parc sombre où jasaient des oiseaux, Où des pleurs souriaient dans l'oeil bleu des pervenches ; Un jour que je songeais seul au milieu des branches, Un bouvreuil qui faisait le feuilleton du bois M'a dit: -Il faut marcher à terre quelquefois. -La nature est un peu moqueuse autour des hommes ; -O poète, tes chants, ou ce qu'ainsi tu nommes, -Lui ressembleraient mieux si tu les dégonflais. -Les bois ont des soupirs, mais ils ont des sifflets. -L'azur luit, quand parfois la gaîté le déchire ; L'Olympe reste grand en éclatant de rire ; -Ne crois pas que l'esprit du poëte descend -Lorsque entre deux grands vers un mot passe en dansant. -Ce n'est pas un pleureur que le vent en démence ; -Le flot profond n'est pas un chanteur de romance ; -Et la nature, au fond des siècles et des nuits, -Accouplant Rabelais à Dante plein d'ennuis, -Et l'Ugolin sinistre au Grandgousier difforme, -Près de l'immense deuil montre le rire énorme.-
Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les contemplations)
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| Poèmes et textes de Grands auteurs : demain dés l'aube |
| Posté par najia le 1/12/2007 21:23:55 (206 lectures) |
 Demain, dès l'aube... Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. J'irai par la forêt, j'irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Victor Hugo[img]http://www.servimg.com/image_preview.php?i=985&u=11125583[/img] |
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| Poèmes et textes de Grands auteurs : Que serais-je sans toi? |
| Posté par Poemes Citations le 1/12/2007 0:12:32 (55 lectures) |
 Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant Que cette heure arrêtée au cadran de la montre Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
J'ai tout appris de toi sur les choses humaines Et j'ai vu désormais le monde à ta façon J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines Comme au passant qui chante on reprend sa chanson J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant Que cette heure arrêtée au cadran de la montre Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant Que cette heure arrêtée au cadran de la montre Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes N'est-ce pas un sanglot que la déconvenue Une corde brisée aux doigts du guitariste Et pourtant je vous dis que le bonheur existe Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues. Terre, terre, voici ses rades inconnues.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant Que cette heure arrêtée au cadran de la montre Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
LOUIS ARAGON
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| Poèmes et textes de Grands auteurs : ARAGON Louis : ELSA |
| Posté par Poemes Citations le 1/12/2007 0:11:43 (38 lectures) |
 Tandis que je parlais le langage des vers Elle s'est doucement tendrement endormie Comme une maison d'ombre au creux de notre vie Une lampe baissée au coeur des myrrhes verts Sa joue a retrouvé le printemps du repos Ô corps sans poids posé dans un songe de toile Ciel formé de ses yeux à l'heure des étoiles Un jeune sang l'habite au couvert de sa peau La voila qui reprend le versant de ses fables Dieu sait obéissant à quels lointains signaux Et c'est toujours le bal la neige les traîneaux Elle a rejoint la nuit dans ses bras adorables Je vois sa main bouger Sa bouche Et je me dis Qu'elle reste pareille aux marches du silence Qui m'échappe pourtant de toute son enfance Dans ce pays secret à mes pas interdit Je te supplie amour au nom de nous ensemble De ma suppliciante et folle jalousie Ne t'en va pas trop loin sur la pente choisie Je suis auprès de toi comme un saule qui tremble J'ai peur éperdument du sommeil de tes yeux Je me ronge le coeur de ce coeur que j'écoute Amour arrête-toi dans ton rêve et ta route Rends-moi ta conscience et mon mal merveilleux
LOUIS ARAGON
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| Poèmes et textes de Grands auteurs : ARAGON Louis : ELSA AU MIROIR |
| Posté par Poemes Citations le 1/12/2007 0:11:01 (33 lectures) |
 C'était au beau milieu de notre tragédie Et pendant un long jour assise à son miroir Elle peignait ses cheveux d'or Je croyais voir Ses patientes mains calmer un incendie C'était au beau milieu de notre tragédie
Et pendant un long jour assise à son miroir Elle peignait ses cheveux d'or et j'aurais dit C'était au beau milieu de notre tragédie Qu'elle jouait un air de harpe sans y croire Pendant tout ce long jour assise à son miroir
Elle peignait ses cheveux d'or et j'aurais dit Qu'elle martyrisait à plaisir sa mémoire Pendant tout ce long jour assise à son miroir À ranimer les fleurs sans fin de l'incendie Sans dire ce qu'une autre à sa place aurait dit
Elle martyrisait à plaisir sa mémoire C'était au beau milieu de notre tragédie Le monde ressemblait à ce miroir maudit Le peigne partageait les feux de cette moire Et ces feux éclairaient des coins de ma mémoire
C'était un beau milieu de notre tragédie Comme dans la semaine est assis le jeudi
Et pendant un long jour assise à sa mémoire Elle voyait au loin mourir dans son miroir
Un à un les acteurs de notre tragédie Et qui sont les meilleurs de ce monde maudit
Et vous savez leurs noms sans que je les aie dits Et ce que signifient les flammes des longs soirs
Et ses cheveux dorés quand elle vient s'asseoir Et peigner sans rien dire un reflet d'incendie
(La Diane française, 1945 )
LOUIS ARAGON
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| Poèmes et textes de Grands auteurs : LES MAINS D'ELSA |
| Posté par Poemes Citations le 1/12/2007 0:10:26 (30 lectures) |
 Donne-moi tes mains pour l'inquiétude Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude Donne-moi te mains que je sois sauvé Lorsque je les prends à moi propre piège De paume et de peur de hâte et d'émoi Lorsque je les prends comme une eau de neige Qui fuit de partout dans mes main à moi Sauras-tu jamais ce qui me traverse Qui me bouleverse et qui m'envahit Sauras-tu jamais ce qui me transperce Ce que j'ai trahi quand j'ai tressailli Ce que dit ainsi le profond langage Ce parler muet de sens animaux Sans bouche et sans yeux miroir sans image Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent D'une proie entre eux un instant tenue Sauras-tu jamais ce que leur silence Un éclair aura connu d'inconnu Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme S'y taise le monde au moins un moment Donne-moi tes mains que mon âme y dorme Que mon âme y dorme éternellement..
LOUIS ARAGON |
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